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eleven // lucem et tenebras.

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Sirius Menetios
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Mer 11 Jan - 23:51

ft. eleven




On rit autour de lui. La musique, de la musique classique il lui semble, résonne dans la grande salle. Les lumières brillent sur ses yeux, se reflètent sur sa peau, une jolie teinte dorée qui masque ses cernes, ses blessures. Sirius était anormalement beau, comme un fantôme éloigné du monde, une perle égarée dans un monde de déchets. Il était magnifique d’étrangeté, assis droit sur sa chaise, les yeux dans le vague, la bouche entrouverte dans une moue effacée. On s’agite près de lui, des femmes lui sourient, il les regarde sans réagir, comme perdu, déboussolé. On se pâme devant son air enfantin, on rit de lui quelques fois mais peu de remarques viennent à ses oreilles. Sirius réfléchit, plongé dans ses pensées. Il observe les femmes et les hommes près de lui, se fait la remarque curieuse qu’ils doivent saigner de l’or et pleurer du velours. Tout est richesse autour de lui, tout est doré et brillant et tout pue la luxure. Sirius fait bien tache parmi eux, vêtu de noir, les cheveux emmêlés, encore poisseux de sang. On le félicite pour ses réussites, des tapes sur l’épaule violentes mais qui le font à peine frémir, Sirius est comme mort. C’est un esprit dont on vante les exploits, c’est un cadavre qu’on espère flatter.

Son ordre de mission en poche, Sirius s’éloigne d’un pas lent de la zone nord. Il passe les portes, les barrières, barrages et sécurités et le voilà plongé dans la ville, dans l’obscurité, dans quelque chose qui lui correspond mieux. Ses pas solitaires résonnent dans la rue déserte. Sirius ne sait pas où il va, mais il a conscience qu’il ne va pas dans la direction de son appartement. Ce sont ses pas qui le guident. Le destin, probablement. Sirius éteint son esprit, met un terme au cours de ses pensées. Le silence autour de lui est reposant, rassurant après la cacophonie qu’il vient de vivre. La mascarade dans laquelle il s’est plongé. Sirius n’est pas habitué à ce monde doré, où chacun espère éliminer l’autre pour prendre sa place, cet autre univers d’égoïsme, d’apparences, où on se plante des couteaux dans le dos pour se rapprocher un peu plus du pouvoir, de l’argent. Sirius préfère son monde à lui, un monde de rêveries froides et sombres, un monde d’espoirs effacés, où le sang règne et où le seul son qu’on peut y entendre est le bruit assourdissant de son arme qui cueille une vie. Tous mourraient autour de lui, et Sirius était bien seul.

Soudain, une silhouette, au loin. Furtive, discrète, elle semblait à peine être là. Un fantôme, un peu comme Sirius l’était. De ceux qu’on ne remarquent pas au début. Quelqu'un qui faisait partie des ombres, probablement. Sirius s’arrête. Sa tête se penche imperceptiblement sur le côté alors qu’il observe l’obscurité devant lui et cette ombre qui bouge à quelques mètres. Ce visage, il le reconnaît, il n’arrive pas à mettre un nom dessus en premier temps mais il sait. Il sait à qui il appartient. Sirius reste planté là, figé. Mais son regard semble bien loin, bien sombre, si loin des yeux pétillants qu’il avait lorsque cette personne le côtoyait encore.

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Eleven Eilasor
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Jeu 12 Jan - 0:30


Onze. Comme une mélodie qui ne s'arrête jamais. Un battement incessant. Comme une malédiction, une malédiction qui t'a créé, toi, Eleven. Toute puissante. Changée, balayée, modifiée, jusqu'à ton plus petit atome. Envolé, le code source. Tu n'es plus un chiffre, et pourtant, c'est avec ce nombre que tu t'illustres, avec ce nombre qu'ils te désignent. Onze. Comme un motto, une habitude. Une sale habitude. Onze corps, avant d'être prise au sérieux. Onze jours dans la rue. Onze disputes avant qu'elle signe ton arrêt de mort. Onze secondes d'hésitation avant qu'il ne renonce à te tuer. Onze, tout allait par onze. A croire que tu ne savais pas compter plus loin. Onze et tout reprenait à zéro. Comme un sentiment d'infini. Un sentiment qu'après onze, il n'y avait plus rien. Et après toi, il n'y aurait plus rien. Tu t'en étais fait la promesse. La créatrice pouvait bien compter jusqu'à mille, elle ne survivrait pas plus de onze minutes en ta présence. C'était une promesse que tu te faisais. Encore fallait-il l'approcher. Et elle était méfiante. Tu n'étais pas son seul ennemi, alors même qu'elle ne savait pas que tu étais ... Celle que tu avais été. Celle qu'elle avait aimé, qu'elle avait élevé, qu'elle avait chéri. Et toi aussi, tu te faisais paranoïaque. Si l'ombre était ton environnement naturel, toutes les ombres n'étaient pas amies, et loin de là. Beaucoup enviaient ton poste, ton rang, pour ceux qui te connaissaient, du moins. D'autres voulaient juste que tu disparaisses. Ils ne faisaient pas tous partie de la PA, du coeur de la secte, en vérité. Il y avait du tout venant. Du plus petit salarié qui souhaitait vivre une vie d'asservissement parfaite et sans remous au plus grand magnat des affaires à qui tu faisais perdre un peu de profit. Certains pseudo journalistes voulaient aussi t'éliminer. Ils n'aimaient pas ton sens critique. En même temps, tu te réservais le droit de critiquer tout le monde. Et tu aurais dû te rendre compte avant que cela pouvait te valoir des menaces de mort. Mais tout avait commencé dans une menace de mort, alors tout pouvait bien finir ainsi, non ?

Ton chemin, même s'il était pavé d'embûches, était aussi pavé de bonnes surprises, de temps à autre. C'est ainsi que tes chaussures qui claquaient sur les dalles parfaitement lisses et brillantes du quartier ouest - sans nul doute le plus calme, mais clairement pas le plus sécurisé pour toi - te guidèrent jusqu'à ton destin. Une silhouette. C'était juste une silhouette, enveloppé dans un manteau sombre, sûrement aussi sombre que le tiens. Et au fond, à présent vous vous ressembliez. Tous deux tapis dans l'ombre. Tous deux sans le moindre soupçon de sourire. Deux âmes errantes. Mais tu le cherchais, et lui t'avait sans doute oublié depuis longtemps. Depuis des années, même. Tu t'entendais encore lui dire que tu l'aimais. Tu le voyais encore sourire, gêné mais heureux. Comme si tout cela faisait partie d'une autre vie. Une vie que le temps avait balayé. Onze pas plus tard, tu étais à sa hauteur, et tes pas s'arrêtèrent, ton souffle se coupa. D'entre tous, tu l'aurais reconnu. Parce qu'il était différent. Il ne faisait partie d'aucune classe. D'aucun monde. Il était différent, et il avait été tiens. Durant un moment. Onze secondes plus tard, ton regard captait le sien. C'était court, mais ton cœur rata un battement. Comme si, pendant un instant, un bref instant, tu étais encore la jeune femme naïve qui pensait qu'on ne chercherait pas à l'assassiner. La jeune femme innocente qui pensait être aimée. Au moins un peu.
Et finalement ...

Tu t'étais retrouvée seule. Car, plus entourée que jamais, personne ne pourrait ressentir ce que tu ressentais. Personne ne serait capable de comprendre ce sentiment d'imposture qui ne te quitterait jamais. Tu resserras un peu le manteau contre tes épaules, reposant les yeux sur la rue. Tu étais prudente. On ne savait jamais qui observait, qui écoutait. Et sur toutes les caméras, tu apparaissais. Mais jamais ton visage ne se rendait discernable. « Je ne pensais plus te revoir, je ne pensais pas cela possible. » Tu esquissais un sourire, sans oser le regarder à nouveau. Tu te serai noyée dans ses yeux. Tu aurais rêvé que cela arrive encore. Mais n'étiez vous pas ennemis à présent ? « Je t'ai cherché. J'ai écumé la ville pour toi. » Sans succès. Jusqu'à présent.

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Sirius Menetios
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Jeu 12 Jan - 0:59

ft. eleven




Elle n’a pas changé. C’est bien ça qui le surprend. Il ne s’attendait pas à la retrouver, pour commencer. Elle qui semblait tant destinée à de grandes choses, par rapport à lui. Elle qui aurait pu porter la rébellion assez loin pour le tuer, même sans le savoir. Ou peut être que non finalement, car Sirius n’était personne, Sirius n’avait pas de camp, c’était un fantôme parmi les vivants. Il en venait parfois à se demander si ce n’était pas la vérité. Il regardait ses mains sans trop se comprendre, s’observait sans bouger dans la vitrine d’un magasin, on le regardait curieusement mais c’était comme si Sirius n’était pas là. On prenait parfois peur en le voyant. C’était son regard qui faisait peur, à Sirius. Il en avait vu, des choses, le Lougaroc. Plus rien n’était là pour dévoiler son âme, désormais. Pas la moindre petite émotion, aussi futile soit-elle, n’aurait pu être transmise par son regard. Il fallait dire, il n’y avait plus rien à voir, plus rien à montrer. Il était bien vide, Sirius. Et bien triste, aussi. Seule la tristesse pouvait être aperçue au fond de ses orbes noires. Une tristesse infinie, comme celle de ceux qui ont contemplé le monde et qui l’ont vu chuter doucement. Sirius était de ceux qui sont omniscients, de ceux qui entendent le monde crier, qui le sentent agoniser sous leurs pieds. Il comprenait mieux maintenant qu’il grandissait. Il comprenait de mieux en mieux le monde et de moins en moins la société dans laquelle il évoluait.

Il resta silencieux pendant bien plus qu’onze secondes. Comme plongé dans une léthargie, il la regardait parler sans rien répondre, sans même réagir. Les reflets glacials de la lune contre l’objectif des caméras qui les observaient ne l’inquiétaient pas. Sirius n’existait pas. On avait fait en sorte que Sirius n’existe plus. La Parole était bien puissante, surtout lorsque la disparition d’un registre l’arrangeait. On le faisait disparaître pour qu’il puisse agir, car on supposait que Sirius était un chien, fidèle, loyal, qui ne changerait pas de camp. Ils oubliaient, sûrement, que Sirius n’était rien de plus qu’un loup. Je t’ai cherché aussi. Son ton était indifférent, aussi froid que la nuit autour d’eux. Sirius n’avait plus de chaleur dans la voix, elle avait quitté son esprit et son corps il y a bien longtemps de cela. Mais il l’avait cherchée, par Arceus comme il l’avait cherchée, elle qui semblait s’être volatilisée bien loin de lui. Elle était invisible à son regard, et il s’était demandé un instant si ce n’était pas lui qu’elle fuyait. Comme si soudainement elle prenait peur qu’il ne la tue. Parce que Sirius était un loup, après tout. Imprévisible, violent, dangereux. Mais, non. Jamais il ne l’aurait supprimée, elle. Il observait, contemplait la jeune femme devant lui. Resplendissante, lumineuse malgré la nuit noire qui les entourait. Mais c’était comme si son regard s’était perdu bien loin. Enfin, il ferma les yeux. Je croyais que tu m’avais oublié. Pourtant il savait bien que non. Il ne voulait juste pas qu’elle s’inquiète de lui. Ou qu’elle s’inquiète pour lui. Il voulait qu’elle l’oublie. Elle était un gravier dans les rouages parfaitement alignés de sa vie. Je suis mort, Eleven. Sans doute qu’on l’avait entendu. Sans doute. Mais personne ne savait qui il était. Lui ne courait aucun danger. Elle… n’était probablement plus à ça près. Il regardait ses pieds, comme s’il n’osait pas relever la tête, comme si elle était trop lumineuse pour lui. Peut être bien qu’elle l’était.

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Eleven Eilasor
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Sam 14 Jan - 0:38


Quelque chose dans son regard a changé. Tout a changé. Comme si vous étiez peu à peu devenu des étrangers, comme si peu à peu vous vous étiez prostrés dans des chrysalides rassurantes, solides, hermétiques. Incapables de ressentir la douleur, incapables de ressentir l'amour. Deux êtres cristallisés dans le temps. Figés et impuissants. Tu avais envie de le détester. Tu avais envie de le détester de tout ton être, comme tu en détestais d'autres. C'était bien plus facile, c'était bien plus aisé de détester. Mais non. Ne demeurait en toi que cette flamme mourante, cette flamme qui vacillait, cette humanité que tu avais chéris, que tu avais cherché à conserver. Il te rendait humaine, et inévitablement, il te rendait faible. « Je t’ai cherché aussi. » Tes yeux se reposent sur la lumière froide des lampadaires, et vous deux, entre deux faisceaux, plongés dans l'obscurité, plongés dans ce cocon rassurant de ténèbres tièdes. Il te fait mal. Il n'en a sans doute pas vraiment conscience, mais chacun de ses mots est douloureux. Tu l'as tant cherché, Eleven, tu as cherché à expier sa moindre faute, au point d'en regretter de ne pas l'avoir laissé te tuer. De ses mains, tu aurais voulu mourir, de ses mains seules. Aucunes autres. Aucunes autres n'auraient su tant te blesser qu'il le faisait, sans même te toucher. « Je croyais que tu m’avais oublié. » Tu avais envie de hurler. Tu avais envie de lui hurler que jamais tu n'aurais pu l'oublier, et tes lèvres s'étaient entrouvertes, mais ta gorge s'était serrée. Et aucun son n'en était sorti. Rien que le silence. Le silence et un sentiment grandissant d'angoisse et d'amertume. Jamais tu n'aurais pu l'oublier. Clairement, c'était un problème. Clairement, tu ne pouvais pas vivre avec ce manque, clairement, ce n'était pas supportable, et maintenant qu'il était là, à portée de main, maintenant qu'il faisait même partie intégrante de ton champ de vision, tu ignorais si tu pouvais le laisser partir à nouveau. Tes envies s'emmêlaient dans tous les sens et tu avais atrocement envie de plein de choses totalement déraisonnables. Seulement tu restais là, figée, inerte, presque ... Morte.

« Je suis mort, Eleven. » Tu l'étais aussi. Enfin, non, lui était mort, peut-être, mais toi, c'était différent. On t'avait supprimée. On avait effacé toute trace de ton existence. Et tu en venais à te demander si tu étais capable d'apparaître sur les images que diffusaient les yeux brillants placés ça et là. Cette pensée t'arracha un frisson désagréable alors que tu reposais ton regard sur son profil. Il était beau. Il était atrocement beau, de ces beautés inégalables, ces beautés imparfaites, humaines et monstrueuses à la fois. Tu crevais d'envie de poser tes doigts sur sa peau, de la sentir brûler entre tes mains, de lui soutenir que non, il était vivant. Mais vous étiez morts tous les deux. Et ta peau aurait été froide. Sans doute la sienne l'aurait été tout autant. « Et je n'existe pas. » Comme pour finir sa phrase, pour conclure une histoire pour en commencer une autre. Seulement cette histoire là, jamais tu n'aurais été capable de tirer un trait dessus. De lâcher l'affaire. Si les autres l'avaient su, si les déconnectés savaient où tu étais et ce que tu faisais, nul doute qu'ils auraient virés dingue. Ils auraient peut-être cherchée à t'éliminer, si tu osais te montrer un peu trop humaine. Non. Tu étais la seule à pouvoir les guider, tu étais la seule à pouvoir leur assurer l’immunité. Même déconnectés, ils étaient sensibles, ils étaient friables, ils n'étaient que des grains de sable humide, ils s'écroulaient entre tes doigts.

Machinalement, tes doigts frôlèrent les siens alors que tu ne le regardais plus, tu cherchais son contact, tu cherchais à lui montrer quelque chose. Et peut-être qu'il compris, peut-être qu'il saisi l'ampleur des choses en frôlant le creux de ton poignet, où on sentait facilement la légère bosse de la puce toujours présente sous ta peau. Elle aurait été si facile à retirer. Mais elle était là, elle était là et toujours active. Toujours allumée. « Je suis un virus. » Ta voix se fait triste, alors que tes doigts se mêlent au sien, désespérément. Voilà ce qu'ils avaient fait de toi, Arceus en faisant reposer sur des épaules tant d'espoirs incertains, le conseil en t'affublant de la pire étiquette qu'on aurait pu te donner. Puis Zarbi en changeant ton code. Eleven ... « Toi tu les supprimes. » Ta gorge se serre un instant, avant que tu n'esquisses un nouveau sourire, un sourire de défi, envers ce monde qui semblait désespérément vouloir vous voir vous affronter. Mais tu ne voulais pas perdre, tout autant que tu n'aurais jamais accepté de gagner.

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Sirius Menetios
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Sam 14 Jan - 1:31

ft. eleven




Ils avaient disparu. Mais ni l’un ni l’autre ne cherchaient à revenir, il semblait. Ils appréciaient la mort, embrassaient leur disparition et s’en drapaient pour être plus efficaces. Sirius avait compris. Il avait compris il y a bien longtemps que si la Parole lui avait retiré sa puce, c’était pour qu’il soit performant. Et grands légendaires qu’il l’avait été. Une ombre, une anomalie dans le système, un virus apprivoisé. Voilà ce qu’il était devenu. Un chien de garde fait de ténèbres et de secrets. Sirius n’était pas peiné. Personne ne s’était aperçu de ce qu’il était devenu car personne ne le connaissait. Ainsi, personne n’était en danger. Les proches de Sirius étaient morts depuis bien longtemps. Sa sœur qu’il n’avait jamais retrouvée. La femme qui le tenait en laisse, lui qui était à ses ordres et qui lui avait confié son âme, son corps, sa vie. Seule Eleven avait survécu. Seule Eleven se tenait là, devant lui. Elle était la première personne à qui il parlait depuis des lustres. On le pensait muet, à la Parole. Aphasique depuis que son regard avait croisé celui de sa sœur après qu’il l’ait massacrée, c’est ce que les rumeurs racontent. C’est ce qu’on aime se chuchoter, se raconter dans son dos, comme pour épaissir le nuage mystérieux qui plane autour de Sirius, comme pour alourdir le poids qui voûte ses épaules, qui assombrit son regard. Sirius n’aurait jamais pu tuer Rhéa, car Sirius aimait Rhéa et Rhéa aimait Sirius, oh comme ils s’aimaient. Mais Rhéa avait disparue. Et Sirius s’était tu. Il s’était un peu plus recroquevillé sur lui même, un peu plus déchiré, il était déjà mort quand Rhéa avait disparue. Eleven n’avait fait que raviver sa flamme. Pour l’achever un peu plus. Sirius était seul.

Il soupira doucement. Releva la tête, croisa le regard de la jeune femme, retira le lourd manteau de cuir sombre, révélant un corps maigrelet mais finement musclé, tremblant sans raison, meurtri par la vie et le temps et les responsabilités, les innombrables âmes qu’il avait recueilli sur le canon de son arme, un corps qui ressemblait à ses yeux, à sa perte de voix, à son esprit. Un esprit sain, dans un corps sain… La phrase lui semblait douloureusement cruelle à présent. Le vêtement tombe à ses pieds, et il se retourne. Pas un mot. Il relève sa chemise mécaniquement, comme s’il avait déjà fait ce mouvement des milliers de fois — et c’était vrai. Et au creux de ses reins, sur la peau rendue porcelaine par le froid et les rayons lunaires, une entaille, fine et d’une précision chirurgicale. Elle fait la taille de son pouce, seul souvenir de sa puce retirée. Il refait face à Eleven finalement, une moue penaude au visage, enfantine, qu’il ne prend pas la peine de masquer lorsqu’il est face à cette femme qui l’a vu sous toutes ses émotions, tous ses états d’âme. La dernière à l’avoir vu sourire. Sirius porte sa disparition sur son visage, il a les traumatismes peints sur la peau, il a encore le sillon de larmes anciennes sur les joues, comme si elles avaient creusé sa peau. Tu es encore là. Il a ce ton, parfait pour énoncer des faits. Monotone, silencieux, comme un souffle qui parvient aux oreilles, comme murmuré. Il ne parle pas fort, Sirius. Il le faisait avant, mais plus maintenant. Comme s’il n’en avait pas la force. Tu vivras encore. L’espoir ne pointe pas dans sa voix. Ni aucune sorte de joie, ou de soulagement. Il regarde à travers Eleven comme à travers un nuage de fumée, à travers les ténèbres. C’était comme s’il s’observait dans un miroir. Nous vivrons, Eleven. Et c’était bien ça, le problème. Ils vivront.

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Eleven Eilasor
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Lun 16 Jan - 18:50


« Tu es encore là. » Elle sait. « Tu vivras encore. » Comme une malédiction, elle vit, recluse, elle vit, différente, elle vit, pour détruire. « Nous vivrons, Eleven. » L'un et l'autre savaient qu'ils auraient sans doute préféré mourir. Ils auraient sans doute préféré s'éteindre, voir leur flamme respective mourir. Et ça aurait été fini. Plus rien à quoi se raccrocher fébrilement quand ça n'allait vraiment pas. Plus rien à quoi croire quand il n'y avait plus personne, plus rien. C'est un déconnecté. Un déconnecté à la solde de la Parole. Elle a mal, en son for intérieur, c'est comme si Arceus lui retirait des doigts la seule chose qui comptait pour elle, pour l'exhiber devant ses yeux humides. Mais elle est forte, elle ne cédera pas, même si c'est un piège, même s'il n'est qu'un outil, elle est incapable de renoncer à ce qu'elle ressent pour lui. Elle se l'est promis, il y a longtemps, à l'époque où elle existait, à l'époque où elle était humaine. Elle s'est promit de n'être que sienne, jusqu'à son dernier souffle. Alors, c'est ce qui la rendrait humaine, ce qui la rendrait faible et forte. Ce qui la rendrait Eleven. Onze battements de cœurs avant d'identifier l'amour en tant que tel. Onze baisers avant de s'accepter comme étant sienne. Onze jours et une promesse, une promesse d'éternité.

Elle aurait pu lui souffler qu'elle ne voulait pas vivre, que ça n'importait pas, que son souhait le plus cher était de s'éteindre, ici, dans ses bras si possible. Mais c'était faux. L'un comme l'autre, ils étaient des survivants. L'un comme l'autre, immortels, incapable de s'éteindre, incapable de céder, incapable d'accepter un sommeil éternel. Incapables, l'un et l'autre, d'accepter de ne plus être. Il devait avoir froid, elle songea, alors qu'elle observait son corps trembler au moindre souffle de vent, comme s'il allait s'envoler, comme s'il allait se laisser balayer. Elle avait envie de le toucher, de s'assurer qu'il était là, qu'il était vivant. Elle aurait certainement donné tout ce qui lui restait pour entendre les battements de son cœur, pour surprendre sa respiration alors qu'il dormait, et bien sûr pour le faire sourire. Mais à la vérité, elle n'avait plus rien, plus rien à offrir, plus rien à partager. Et c'est ce qu'elle tarda à murmurer, les yeux fixés sur le sol. « Tu es tout ce qu'il me reste. » Et même lui, elle l'avait perdu. Elle eut un sourire, un sourire empreint d'une tristesse infinie, alors qu'elle se baissait pour attraper la veste en cuir qu'il avait laissé tomber. Elle se hâta de la reposer sur les épaules de l'homme, échangeant avec lui un de leur regard. Avant, ils étaient complices, capables de se comprendre ou de tout régler, de s'attiser d'un regard mais. A présent, ils étaient devenus des étrangers. Pas seulement l'un pour l'autre, mais certainement aussi pour eux même. Elle garda ses mains sur ses épaules et se sentait bien minuscule à lui faire face ainsi, lui qui était devenu un véritable homme, quand elle n'était devenue que poussière. Elle approcha encore, venant presser son corps contre le sien, ils se ressemblaient, ils se ressemblaient bien trop, en vérité. Elle aurait voulu l'emmener dans un endroit où ils auraient été en sécurité, elle aurait voulu le garder pour elle. Mais la vérité c'est qu'il n'y avait nul part à aller, et qu'elle l'aurait mis bien plus en danger si elle avait cédé à son égoïsme.

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Sirius Menetios
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Ven 3 Mar - 2:43

ft. eleven





Ils s'observent, et le regard de Sirius est devenu froid, empreint de sa sempiternelle lassitude, empli de tristesse et de mélancolie. Sirius est bien vivant, son corps bouge et vit, mais son âme, son esprit a disparu depuis bien longtemps déjà. Il manque de soupirer mais son souffle reste bloqué dans sa cage thoracique, comme emprisonné par sa tristesse, qui pèse sur son coeur cruellement. Sirius ne dit rien. Il observe cette femme, ce spectre qui est devenu une figure inconnue s'approcher et il ne dit rien, le regard figé sur les pavés trempés, sur la faible lumière qui se reflète sur les dalles uniformes. Tout est plongé dans les ombres, et lui aussi. La veste de cuir retrouve bien vite le chemin de ses épaules, soulevée par les doigts fins de la jeune femme. Leurs regards se croisent mais là où le Sirius d'avant aurait sourit et peut être même fait un clin d’œil si le coeur lui en disait, Sirius n'esquisse pas le moindre rictus, ne daigne même pas cligner des yeux. Il se contente de la fixer, sans vie, avec toujours la même moue perdue, presque enfantine, qui faisait se pâmer tant de dames lorsqu'il en croisait. On aime Sirius pour ce côté brisé, on l'aime pour ce qu'on pense être de la comédie, alors que ce n'en est pas. Sirius est perdu, et ce depuis longtemps. Il entend le cliquetis lointain des griffes de son Grahyéna derrière lui, le loup trottine dans la rue sombre, à l'affût, prêt à se jeter sur l'inconnue pour défendre son compagnon de toujours. Sirius pourrait presque voir le regard écarlate braqué sur la jeune femme, pourrait presque sentir le pelage humide de la bête sauvage. Mais le Grahyéna reste à une distance respectable, véritable ombre parmi les ombres, simple fantôme protecteur de son allié. Sirius ne dit rien, cependant. Il ne s'apitoie pas sur la dernière phrase murmurée par la femme qui lui fait face, ne tente pas de bafouiller une réponse qui serait bien non-naturelle. Il reste simplement, silencieux, presque comme en deuil de son côté loquace, le visage impassible. Finalement, il passe une main presque tremblante dans les cheveux de jais de l'étrangère. Ils sont égaux à eux-mêmes, d'une douceur incomparable malgré la pluie fine qui ne cesse de tomber sur les deux jeunes gens, d'une noirceur qu'on a peu souvent pu voir. Pour Sirius, regarder Eleven était comme plonger dans le regard de ses erreurs et de ses exploits passés, contempler sa vie d'avant et se draper de ses rêves révolus. Il soupira, finalement, baissa regard et tête. Pourquoi était-il toujours sur le fil des larmes ? Ses yeux ne demandaient qu'à pleurer, mais les larmes ne vinrent pas. Pourquoi nous sommes nous perdus ainsi ?

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